
Pas besoin d’attendre que tout aille bien pour s’arrêter de râler. Certains ont décidé de couper court à la plainte, purement et simplement, ne serait-ce que pour voir ce qui se passe.
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Relever le défi « J’arrête de me plaindre » pendant 1 mois
Par Magali Caille
Deux Belges viennent de lancer un défi simple, mais ambitieux : passer 30 jours sans la moindre plainte. Dans une société où la morosité s’invite à chaque coin de conversation, ce défi vise à insuffler un nouvel état d’esprit, plus constructif, plus lumineux.
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Ce projet, porté par Greet Van Hecke et Isabelle Gonnissen, toutes deux originaires de Belgique, mise sur un principe clair : essayer de traverser un mois entier sans céder à la tentation de grogner ou de ressasser. Leur objectif ? Offrir un pas de côté, une fenêtre sur une existence plus optimiste.
Défi 30 jours sans se plaindre
D’après les initiatrices du défi, impossible d’avancer positivement tout en entretenant un discours intérieur négatif. Les 30 jours sans plainte s’adressent à tous ceux qui souhaitent cultiver un regard différent sur le quotidien. Jo Vandeurzen, alors ministre flamand du Bien-être social, a publiquement soutenu cette démarche, soulignant l’impact avéré de la négativité sur la santé mentale et physique.
Pour ceux qui veulent tenter l’aventure, voici plusieurs pistes concrètes pour tenir la distance et ne pas lâcher en cours de route :
- Rediriger son attention. Focaliser sur autre chose que la source d’agacement permet de transformer ses ressentis. Quand l’esprit s’attarde sur ce qui va, il laisse moins de place à la frustration.
- Accepter les hauts et les bas. Personne n’échappe aux contrariétés, mais il existe souvent, même dans les situations pénibles, une part de positif qui peut servir de tremplin pour avancer.
- Relativiser. Avant de râler, se demander : « Est-ce que d’autres vivent pire ? » Dans de nombreux pays, l’eau chaude ou l’électricité restent un luxe. Prendre conscience de ce que l’on possède déjà remet bien des choses à leur place.
- Prendre la responsabilité de sa vie. Plutôt que de s’enfermer dans le reproche, choisir d’agir. Kennedy le résumait ainsi : demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays, pas l’inverse. Cultiver cette attitude, c’est reprendre le pouvoir sur son quotidien.
- Pratiquer la gratitude. Impossible de se concentrer sur ce qui va mal quand on s’attarde sur ce qui va bien. Les moments de reconnaissance sont incompatibles avec la plainte.
- Choisir ses ressentis. Se demander ce que l’on souhaite vivre, émotionnellement, et s’entraîner à repérer quand la plainte surgit. Avec du temps, cette gymnastique mentale devient un réflexe.
- Modifier son vocabulaire. Remplacer « il faut que je… » par « je vais… » change radicalement la perception de l’effort. Essayez, et observez le résultat sur votre humeur.
- Soigner le démarrage de la journée. Le matin, prenez quelques minutes pour lister tout ce qui vous plaît dans votre vie. Un départ positif influence le reste de la journée.
- Prendre du recul sur les frustrations. Ne vous laissez pas piéger par tout ce qui vous agace. Parfois, les circonstances ne dépendent pas de vous ; inutile de s’en vouloir ou d’alimenter la rumination.
- Chercher l’opportunité dans l’épreuve. Chaque critique, chaque injustice, chaque erreur peut devenir matière à progresser. Voir le désagrément comme une occasion de changement évite de tourner en boucle sur la plainte.
- Moins juger, moins râler. Plus on s’attarde à qualifier les choses de mauvaises, plus on nourrit l’envie de se plaindre. Cesser de juger, c’est déjà désamorcer la plainte. Le mécanisme est simple et efficace.
- Éviter le cercle vicieux de la plainte. Se plaindre appelle la plainte, qui elle-même amplifie la négativité et la fatigue mentale. Plus on s’y adonne, plus on s’y enferme. Sortir de ce cercle, c’est retrouver de l’énergie pour autre chose.
Chacun, à sa manière, se reconnaîtra dans ces réflexes. Mais le plus décisif reste de garder en tête ce qui fonctionne dans sa vie, même quand la grisaille l’emporte. Savoir s’entourer, garder le lien avec ceux qui nous estiment et nous soutiennent, aide à réduire l’espace laissé à la plainte. (source)
Mais peut-on tenir un mois sans se plaindre ?
Un mois sans râler : le pari paraît démesuré. L’humain peut-il véritablement s’en passer aussi longtemps ? Et si la plainte servait, par moments, de soupape ?
L’intention d’Isabelle, ce n’est pas de nier nos moments d’agacement, ni d’imposer une positivité forcée. Elle invite plutôt à expérimenter une façon différente de traverser les difficultés, à prendre conscience des ressorts du stress, du risque d’épuisement ou de déprime qui guette quand la plainte devient automatique.
Au fond, il s’agit simplement d’essayer une posture plus constructive, pour voir si le regard sur la vie s’éclaire un peu.
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